18 mai 2009

Europe, objectif 393

Groupe confédéral de la Gauche Unitaire Européenne - Gauche Verte Nordique (GUE-NGL)
Groupe des Verts - Alliance Libre Européenne (V-ALE)
Groupe Socialiste au Parlement Européen (PSE)
Groupe Alliance des Démocrates et des Libéraux pour l'Europe (ADLE)
Groupe du Parti Populaire Européen (Démocrates-Chrétiens) et des Démocrates Européens (PPE-DE)
Groupe Union pour l'Europe des Nations (UEN)
Groupe Indépendance-Démocratie (ID)
non inscrits (ni)



Le 06 juin 1944, la coalition formée des armées américaine, anglaise, belge, canadienne, française, néerlandaise, norvégienne et polonaise débarquait sur les plages de Normandie. Alors qu'au même moment, la glorieuse Armée Rouge libérait la Roumanie du joug nazi et s'apprêtait à lancer « l'opération Bagration » qui allait en terminer avec les trois armées de la wehrmacht déployées à l'Est. Le cauchemar du grand Reich nazi, qui devait s'étendre de l'Atlantique à l'Oural, touchait à sa fin.

07 juin 2009, l'Europe en paix s'apprête à se rendre aux urnes pour désigner ses représentants au Parlement Européen. Mais aujourd'hui se souvient-on encore des raisons qui ont motivé la création de la CECA(1) et par la suite de la Communauté Européenne de l'Union européenne.
À l'issue de la Seconde Guerre Mondiale, alors que l'Europe pansait encore ses blessures, s'imposa l'idée que plus jamais l'Europe ne devrait connaître de période aussi sombre que celle imaginée par les nazis.




La paix au service des intérêts industriels et financiers

C'est avec cette idée en tête que l'on imagina une communauté d'interrelation économique, politique et sociale entre les pays et les peuples d'Europe comme garantie de la paix et de la prospérité. Bien sûr, au fil des années, les idées de communauté politique et de communauté sociale laissèrent place à la seule communauté économique, toujours motivée par l'idée de paix, mais aussi motivée par l'intérêt financier des groupes industriels qui trouvèrent dans cette communauté un terrain propice à leur enrichissement. Il est vrai que jamais la communauté n'a réussi à se débarrasser des intérêts nationaux, chaque pays voulant s'approprier le maximum d'avantages en abandonnant le minimum de prérogatives.

Le difficile équilibre entre « l'Europe » manne financière et « l'Europe » bouc émissaire national

Aujourd'hui, l'U.E. gigantesque « machin », complexe et opaque, sert bien souvent de repoussoir pour les partis politiques nationaux, chacun, tour à tour, accusant « l'Europe » de tous les maux. Mais aussi chacun, de gauche à droite de l'échiquier politique, milite, travaille, complote, négocie à « l'Europe » pour des subventions agricoles, des aides aux industries, des règlementations sanitaires et encore tant d'autres choses qui, d'une manière ou d'une autre, rapportent de l'argent et influencent les législations de chaque pays membre.

Lorsque les choix politiques laissent place aux intérêts nationaux


Au sein du parlement européen, les parlementaires se regroupent par affinités politiques dans ce que l'on nomme les groupes parlementaires européens. Actuellement, on compte huit groupes représentant des tendances politiques aussi diverses que les partis libéraux, écologistes, socialistes, communistes et in fine d'extrême droite et ultra nationaliste.


Tendance politique Dénomination Nbr. de sièges Positionnement Gauche / droite
Chrétien Démocrates PPE 288 (D)
Socialiste Européen PSE 217 (G)
Libéraux ADLE 100 (D)
Écologiste V-ALE 43 (V)
Droite Nationaliste UEN 43 (D) euro-sceptique
Communiste Européen GUE 41 (G)
Extrême Droite ni 31 (D) euro-sceptique
Droite Traditionaliste ID 22 (D) euro-sceptique

Total 785

Majorité 393

Comme le montre le petit tableau ci-dessus, aucun des groupes n'a, à lui tout seul, actuellement la majorité au parlement européen, mais deux groupes dominent largement les débats, le groupe des partis démocrates chrétiens (PPE) et le groupe des partis socialistes (PSE). Toutefois, tous ces groupes ne sont pas homogènes et parfois ne reflètent pas, non plus, les clivages nationaux.
Ainsi, l'UMP (France) étiquetée très à droite cohabite au PPE avec le CDH (ex-parti catholique - Belgique), la CDU (Allemagne), The Conservative and Unionist Party (ex-Thatcher - G-B) et le Popolo della Liberta (Berlusconi – Italie).
Dans le groupe libéral (ALDE) on trouve le MR (libéraux – Belgique) mais aussi le MoDem de François Bayrou (France).

On peut voir dans une même famille politique des pro-européens cohabiter avec des euros-sceptiques, mais aussi des partis de droite populiste cohabiter avec de respectables partis chrétiens-démocrates. La complexité de ces regroupements ne rend pas facile l'analyse de ces familles politiques et pour les partis de gauche ce n'est pas plus simple. Pour résumé, on peut dire qu'il n'y a pas réellement de définition commune de qui est libéral économique, chrétien démocrate, socialiste, etc... Le seul critère, qui semble facilement lisible, est le caractère plus ou moins pro-européen ou plus ou moins euro-sceptique des familles politiques et des partis composant ces familles. L'aspect hétéroclite de ces familles explique en partie, pourquoi il est si difficile d'avoir des campagnes politiques au niveau européen.

Pas de politique, mais seulement des compromis

Depuis 1973, le parlement européen est dominé par le PPE et le PSE, sans qu'aucun n'ait jamais eu la majorité absolue. Dès lors, tous les votes nécessitent des coalitions de plusieurs groupes parlementaires européens. Avec 393 votes nécessaires pour avoir la majorité, même en regroupant le PSE (217), le GUE (41) et les V-ALE (43) point de majorité !
Le constat est relativement similaire du côté de la droite : PPE (288), ALDE (100). Ils sont obligés de rajouter les votes d'un groupe de la droite nationaliste ou radicale pour avoir la majorité. Dès lors, il s'avère plus commode, souvent, d'essayer de s'entendre entre PPE (217) et PSE (288) pour avoir la majorité. En conséquence, les décisions votées au parlement européen sont toujours le fruit de compromis prenant en compte un maximum d'intérêts, même s'ils sont souvent divergents.

L'Europe la mère de tous les maux

La conséquence de ce système de compromis permanent à des effets sur la lisibilité des politiques de l'U.E.. Personne ne sort vraiment vainqueur, chacun peut prétendre qu'il a dû faire trop de concessions à cause de l'intransigeance de tel ou tel partenaire. Il est alors facile pour des populistes comme Berlusconi en Italie ou Sarkozi en France de commencer à prétendre qu'ils vont mener leur politique au seul profit de leur pays, indépendamment des engagements européens. On entre dans le mythe d'une Italie et d'une France qui prendrait ses décisions seule contre tous, qui retrouverait une autonomie perdue avec « l'Europe ». Mais cette attitude, si elle est efficace dans le cadre d'élection au plan nationale, est une complète illusion au niveau international et financier. Personne dans les milieux entrepreneuriaux ne souhaite perdre la manne financière que représente « l'Europe » ; qu'il s'agisse de transfert direct comme avec la PAC(2) ou des bénéfices que les entreprises tirent du marché commun, les États ont trop à perdre sans l'U.E..

Il reste que le Parlement Européen est la seule institution de l'U.E. dont les membres sont élus au suffrage universel pour un mandat strictement européen. Mais, l'engagement politique y est mis à rude épreuve par la pratique systématique du compromis au nom de la raison. Le Parlement, comme les autres institutions européennes, est alors le terrain de manœuvres de tous les lobbies et dans ce jeu ce sont les plus riches, les plus professionnels, qui peuvent influencer les votes.

La démission devant la complexité

Le nécessaire compromis permanent, entre les gauches et les droites pro-européennes pour contrer les euros-sceptiques et les nationalistes, fini par brouiller et décrédibiliser l'image de l'Europe à cause des concessions imposées aux différentes parties. Malheureusement, comme nous l'avons vu plus haut, actuellement l'ensemble des partis de gauche ne permet pas d'avoir de majorité au sein du parlement sans l'appui d'au moins un parti de droite, et l'inverse est aussi vrai.

Aujourd'hui, en Belgique, en France ou encore en Italie, les grandes formations politiques n'investissent pas dans le parlement européen. On envoie à « l'Europe » des seconds couteaux, des personnes tombées en disgrâce, des fins de carrières, car un vrai parlement européen pourrait finir par avoir des exigences démocratiques et pourrait même menacer le grand compromis. De toute manière, « l'Europe » est trop compliquée pour être expliquée aux électeurs. Dans les partis politiques, on préfère garder les décisions aux mains des leaders nationaux dans la discrétion des bureaux ministériels.

27 réalités

Dans son état actuel, « l'Europe » c'est 27 pays et autant de réalités historiques et politiques. Pour avoir une vue complète des rapports de force en jeux, on ne peut ignorer les particularités de chacun des pays composant l'U.E.

Par exemple :
En Italie, avec l'avènement du « Popolo della Liberta », Berlusconi va ramener les élus des formations d'extrême droite comme « Allianza National » dans le groupe du PPE. Cela va augmenter le nombre de sièges de l'Italie dans ce groupe, mais cela peut aussi menacer la nature du compromis entre le PPE et PSE. En effet, la question se pose de savoir comment les partis socialistes vont accepter de continuer à négocier avec des partenaires ouvertement (post-) fascistes. Plus généralement, avec les droites européennes qui se radicalisent comme en France, le compromis entre PPE et PSE devrait devenir de plus en plus difficile.

Dans les anciens pays du « pacte de Varsovie »(3) qui aujourd'hui ont rejoint l'U.E., comme la Pologne ou la République Tchèque. On constate une attirance particulière pour la puissance des États-Unis, ce qui influence leur position politique sur la scène internationale. Les effets de cette attirance se sont vus entre autres avec les soutiens à la guerre de G.W. Bush en Irak, et aussi avec le soutien à Israël lors de l'offensive de décembre en Palestine. Mais cela se marque également dans l'intérêt que ces pays ont pour le programme de bouclier antimissile que les Américains veulent implanter en Europe.

Nous pouvons aussi nous intéresser au cas de l'Angleterre qui historiquement, a toujours préféré l'alliance Atlantique à ces relations avec le continent. Il y a le cas de la France qui depuis Napoléon a toujours été attirée par les hommes forts comme Pétain, de Gaulle et aujourd'hui Sarkozy. Et puis, il y a l'Allemagne, dont l’histoire pendant la Seconde Guerre Mondial influence encore aujourd'hui sa politique européenne et cela malgré la réunification.

En somme, l'analyse spécifique de chaque pays, si elle est nécessaire, ajoute une multitude de dimensions supplémentaires qui complexifie encore la perception de la politique de l'U.E.. Toutefois, même si la tâche est ardue, on ne peut en faire l'économie si à terme on veut avoir une compréhension des mécanismes à l'œuvre dans les institutions européennes.

Le défi des gauches pour le 07 juin 2009 : objectif 393

Sachant qu'il faut 393 sièges pour avoir la majorité au Parlement Européen, si l'on prend les élus des partis socialistes d'Europe (PSE), plus ceux des partis communistes et de gauches (GUE), et ceux des verts (V-ALE), on arrive péniblement à 301 sièges. Il manque donc royalement 92 sièges, à répartir parmi tous les pays européens, pour espérer voir une vraie coalition de gauche à l'U.E.

Enfin, « l'Europe » est certainement un formidable projet qui, quotidiennement, influence déjà nos vies. Mais c'est aussi un projet dont les citoyens d'Europe sont dépossédés par leurs propres élites politiques qui ne font aucun effort pour aider à rendre la réalité européenne sensible. Nous entretenons le mythe de nations autonomes alors que nos économies nationales sont complètement interdépendantes. Sur la scène mondiale, chaque pays d'Europe prit séparément n'a plus aucun réel poids politique ou économique que ce soit face à la puissance américaine ou face au marché chinois. Les tensions sur le marché gazier avec la Russie auraient déjà dû nous faire comprendre que « l'Europe » est un partenaire plus influent que la Pologne seule, l'Allemagne seule ou la France seule.

Les élections du 07 juin ne seront pas une révolution, mais peut-être un petit pas vers une Europe plus sociale si nous faisons, dans les urnes, un pas vers la gauche



  • (1) CECA : Communauté Européenne du Charbon et de l'Acier, premier embryon de ce qui deviendra l'Union Européenne, fondée en 1951 avec l'Allemagne, la Belgique, la France, l'Italie, le Luxembourg et les Pays-Bas
  • (2) PAC : Politique Agricole Commune, c'est plus de 40 milliards d'euros que se partagent les agriculteurs et les groupes de l'industrie agroalimentaire en Europe. Ce partage profite essentiellement aux grands propriétaires terriens qui n'ont aucun intérêt à voir des réformes démocratiques au sein de l'UE.
  • REM. : Il est apparemment très difficile de trouver une ventilation par pays des aides financières fournies par l'U.E.. Si quelqu'un trouve des documents plus précis sur le sujet, je l'invite à mettre un commentaire avec les liens concernés, merci.
  • (3) Le Pacte de Varsovie était une alliance militaire politique composée de 7 États membres (8 au départ) : Union Soviétique, (Albanie), Bulgarie, Roumanie, RDA (République Démocratique d'Allemagne), Hongrie, Pologne, Tchécoslovaquie.



Pierre Capoue

Retrouver aussi la version KoKomaG sur:
http://kokomag.wordpress.com/2009/05/15/nous-travaillons-actuellement-pour-leurope/

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Actualités soviétiques de la semaine du 30 avril 1944
http://iconotheque-russe.ehess.fr/film/261/

Wikipédia - Histoire de l'Union européenne
http://fr.wikipedia.org/wiki/Histoire_de_l%27Union_europ%C3%A9enne

Les groupes politiques au parlement européen
http://www.europarl.europa.eu/groups/default_fr.htm

Les intentions de vote aux élections européennes de juin 2009 au 04 décembre 2008
http://www.ifop.com/europe/sondages/opinionf/europeennes2009.asp

Députés par État-membre et groupe politique // 6ème législature
http://www.europarl.europa.eu/members/expert/groupAndCountry.do?language=FR

Quels sont les enjeux principaux des élections européennes ?
http://www.arte.tv/fr/Comprendre-le-monde/ARTE-info/2615210.html

Le site des élections européennes de 2009
http://www.elections-europeennes.org/la_une/campagne/infos.php

Tour d'Europe des campagnes électorales en vue des élections européennes (4-7 juin 2009)
http://www.robert-schuman.org/question_europe.php?num=qe-136&lg=fr

Petit sondage sur les élections européennes
http://www.robert-schuman.org/sondage.php

Monde diplomatique - Les trois piliers
http://www.monde-diplomatique.fr/cahier/europe/troispiliers

Combien les agriculteurs reçoivent-ils de la PAC ?
http://observatoiredessubventions.com/2008/combien-les-agriculteurs-recoivent-ils-de-la-pac/

Politique agricole commune: enfin la transparence?
http://www.euranet.eu/fre/Archives/Actualites/French/2009/April/Politique-agricole-commune-enfin-la-transparence

Entre agence de presse et caisse de résonance pour les lobbies européens
http://www.euractiv.com/fr

26 avril 2009

Durban ou la revanche des indigènes

Alors que la plupart des commentateurs se focalisent sur les rodomontades du président iranien, un aspect fondamental de la conférence d'examen de Durban est volontairement passé sous silence. Durban c'est : l'affirmation croissante des peuples des anciennes colonies et la perte d'influence de l'hyperpuissance américaine.

Une Universalité de compromis

À la fondation de l'ONU le 26 juin 1945 il n'y avait que 51 pays représentés. Les vainqueurs de la Seconde Guerre Mondiale et l'Europe dans son ensemble bénéficiaient encore d'une grande aura dans le monde. Le Vietnam s'appelait l'Indochine. L'Algérie était française. La République démocratique du Congo n'avait pas encore connu Mobutu et s'appelait toujours le Congo-Belge. L'Angola et le Mozambique étaient sous domination portugaise. Le Kenya tout comme le Nigeria, entre autres, étaient des joyaux de la Couronne britannique... (sur les empires coloniaux, voir : http://fr.wikipedia.org/wiki/Empires_coloniaux)


Les pays signataires de la Charte des Nations Unies en 1945

Europe et pays industrialisé assimilé à l'occident
1.Australie (a),
2.Biélorussie,
3.Belgique,
4.Canada,
5.Danemark,
6.États-Unis d'Amérique,
7.France,
8.Grèce,
9.Luxembourg,
10.Norvège,
11.Nouvelle-Zélande,
12.Pays-Bas,
13.Pologne,
14.Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d'Irlande du Nord, 15.Tchécoslovaquie,
16.Turquie (b),
17.Ukraine,

18.Union des Républiques Socialistes Soviétiques,
19.Yougoslavie,

Afrique et Pays arabes
20.Afrique du Sud (c),
21.Arabie saoudite,
22.Égypte,
23.Éthiopie,
24.Iran,
25.Iraq,
26.Liban,
27.Libéria,
28.République arabe syrienne,

Asie et Pacifique
29.Chine,
30.Inde,
31.Philippines,

Amérique Latine et Caraïbe 32.Argentine,
33.Bolivie,
34.Brésil,
35.Chili,
36.Colombie,
37.Costa Rica,
38.Cuba,
39.El Salvador,
40.Équateur,
41.Guatemala,
42.Haïti,
43.Honduras,
44.Mexique,
45.Nicaragua,
46.Panama,
47.Paraguay,
48.Pérou,
49.République dominicaine,
50.Uruguay,
51.Venezuela,

Toute classification est partiale, le groupe des pays européens et occidentaux est aussi appelé parfois groupe des pays du Nord.
(a) L'Australie a longtemps été considérée comme un pays du Nord à cause de son niveau économique et de son attachement à la Grande-Bretagne.

(b) La Turquie oscille entre l'Europe et l'Asie Mineure, mais son adhésion à l'OTAN la place résolument dans les pays occidentaux.

(c) L'Afrique du Sud peut être assimilée à un pays occidental à cause de ses liens privilégiés avec la Grande-Bretagne et les États-Unis pendant toute sa longue période d'apartheid. Chronologie de toutes les adhésions à l'ONU : http://www.un.org/french/aboutun/annees.shtml


Aujourd'hui, l'ONU compte 192 pays. La renommée et la puissance des pays du Nord industrialisé se sont émoussées permettant à de nouveaux acteurs, anciennement colonisés, de prendre de plus en plus la juste place qu'ils méritent sur la scène internationale. Mais, il est loin d'être facile pour d'anciens puissants États européens, comme la France ou l'Angleterre, d'oublier qu'ils ont imposé pendant près de deux siècles leur arrogante domination économique, militaire et culturelle sur leur monde...

Christian de Brie, citant Aimé Césaire, à propos de la première conférence de Durban :
« “Ce que le très distingué, très humaniste, très chrétien bourgeois du XXe siècle (...) ne pardonne pas à Hitler, ce n’est pas le crime en soi, ce n’est pas l’humiliation de l’homme en soi, c’est le crime contre l’homme blanc, et d’avoir appliqué à l’Europe des procédés colonialistes dont ne relevaient jusqu’ici que les Arabes d’Algérie, les coolies de l’Inde et les nègres d’Afrique.” Tant il est vrai que, tandis qu’officiaient, à Nuremberg, les juges américain, soviétique, britannique et français, la ségrégation raciale restait légalisée aux États-Unis, le goulag tournait à plein régime en URSS, Grande-Bretagne et France traitaient à la bombe et au napalm la volonté d’émancipation des peuples colonisés qu’ils venaient de mettre durement à contribution pour leur propre libération. » Christian de Brie, L’avenir du passé – octobre 2001 monde diplomatique http://www.monde-diplomatique.fr/2001/10/DE_BRIE/15673


Il n'y a pas de relativisme à reconnaître que l'universalité de l'ONU est toujours le résultat d'un compromis . En 1945 les Droits de l'Homme deviennent une notion universelle, car les États qui en étaient les promoteurs ont su imposer leur vision des choses à l'ensemble des États signataires de la Charte des Nations-Unies. Comme le disait N. Sarkozy à DAKAR : « Le défi de l'Afrique, c'est d'entrer davantage dans l'histoire. ». Depuis la conférence sur le racisme et les discriminations de Durban en août 2001, les pays du Sud sont venus rappeler qu'eux aussi avaient des particularités culturelles attachées à leur histoire économique et politique.

« Le problème de l'Afrique, c'est qu'elle vit trop le présent dans la nostalgie du paradis perdu de l'enfance. »
Sarkozy - Dakar, Sénégal, le 26 juillet 2007 : http://www.elysee.fr/elysee/elysee.fr/francais/interventions/2007/juillet/allocution_a_l_universite_de_dakar.79184.html


En effet, loin d'être l'expression de lois divines, l'accession et la reconnaissance des droits sociaux et humains sont le résultat de processus historique et de l'évolution des rapports de force dans une population donnée. S'il est de notre devoir d'aider les peuples dans leurs processus de libération, jamais une prétendue élite ne pourra imposer à un peuple des principes pour lesquels il ne combat pas. Ainsi, la Déclaration des droits de l'homme de 1789 en France est intrinsèquement liée à la mobilisation populaire qui a renversé la monarchie française. Il faudra pourtant encore attendre plus de cent ans pour que les mouvements libéraux et socialistes imposent à la bourgeoisie réactionnaire la séparation de l'Église et de l'État en 1905. En ce qui concerne l'homosexualité, elle ne sera retirée de la liste des maladies mentales qu'au début des années quatre-vingt en même temps que la France abolissait la peine de mort. Par comparaison, en Belgique il faudra attendre 1996 pour la peine de mort soit définitivement retirée du code de procédure pénale (voir: http://www.abolition.fr/ecpm/french/pays.php?&topic=54). Et, Pour voir la fin de l'œuvre civilisatrice des puissances coloniales dans le tiers monde, il faudra attendre les luttes d'indépendances qui mèneront à la décolonisation.

Le colonialisme c'est dans le tête, et le Nord est très atteint.

La colonisation est terminée, mais nous autres, européens, ne pouvons nous empêcher d'intervenir dans les pays du Sud. On nous vend constamment la soupe humanitaire en prenant soin d'occulter les enjeux économiques. Mais lorsqu'on prend le temps de regarder plus attentivement quels sont les projets de coopération qui sont réellement financés par les États du Nord, on retrouve une carte des sphères d'influence qui coïncide avec les captations des marchés et des ressources naturelles. Les pays du sud qui n'ont pas de ressources naturelles ou qui sont trop pauvres pour acheter quoi que ce soit n'intéressent tous simplement pas les bons samaritains financiers de la coopération au développement.

D'autre part, les guerres contemporaines qui ravagent le tiers monde sont toutes liées à des intérêts occidentaux. Qui d'autres y vend des armes que les puissances occidentales ? Qui intervient directement dans les conflits quand ces intérêts sont menacés ?

Dans tout les pays où sont déployées des armées occidentales les luttes et les revendications populaires sont réduites à néant. Il n'est en effet pas possible de faire avancer les causes des minorités ethniques, religieuses ou sexuelles dans un pays contrôlé par une armée étrangère. Même si celle-ci, sous l'égide de l'ONU, prétend être là pour protéger les populations, elle est avant tout ressentie comme une puissance occupante .

Toutefois, il faut reconnaître aussi qu'une des limites importantes que rencontrent les pays du Sud en matière de droits de l'Homme provient certes, de l'extrême pauvreté dans laquelle survit leur population, mais aussi, de l'absence d'une structure publique cohérente et autonome. Cette situation d' « infantilisation » de leurs appareils d'état les rends complètement dépendant des décisions prises ailleurs, par des décideurs occidentaux.

Les États-Unis et leurs alliés ont refusé de s'asseoir aux côtés des pays du Sud mais d'autres non.

Allemagne – Australie – Canada – États-Unis d'Amérique – Israël – Italie – Nouvelle-Zélande – Pays-Bas – Pologne – République tchèque (au dernier moment).

Si l'Allemagne est un cas particulier à cause de son histoire et de son rapport au nazisme, tous les autres pays sont des champions des droits de l'homme caractérisé par leur attitude pro américaine.
Celle-ci s'illustre d'abord par un soutien à la guerre de G.W. Bush contre le peuple irakien. La Pologne, la République tchèque, l'Italie, les Pays-Bas et la Nouvelle-Zélande ont envoyé en Irak des troupes pour soutenir l'effort de guerre US. De plus, les Tchèques et les Polonais sont prêts à accueillir sur leur territoire des radars et des missiles-antimissiles pour le projet de bouclier américain.

Cependant, certains en Europe et dans le monde ont su comprendre l'importance de « Durban ».
En janvier 2009, lors de la préparation de la conférence de révision de « Durban I » en commission sénatoriale des relations extérieur (Belgique), Radouane Bouhlal, le président du MRAX (Mouvement contre le Racisme, l'Antisémitisme et la Xénophobie) indiquait que la déclaration de « Durban I » permettait déjà un renforcement des cadres légaux en Belgique pour mieux protéger les victimes de discriminations. De plus, cette déclaration permet aussi d'envisager des actions positives concernant le marché du travail ou la formation de la police. Toujours pour R. Bouhlal : avec la démission des USA, l'Europe pourrait prendre une position prépondérante dans les débats à Genève, à condition bien sûr d'être présente. Enfin concluant son intervention sur le risque de trouble similaire à ceux de liés à « Durban I », R. Bouhlal attire l'attention sur la question des méthodes de travail mal définies et sur les relations entre la conférence officielle et le forum des ONG. Mais, R. Bouhlal insiste aussi sur les importantes différences culturelles liées à la grande diversité des intervenants et à leurs traditions respectives.

À Durban comme à Genève aujourd'hui, ce qui est semble difficile à avaler pour les États-Unis et leurs alliés, c'est que se sont les pays du Sud dans leur ensemble qui ont porté les travaux de la conférence contre le racisme dans le monde. Le constat qui s'impose, c'est que le racisme s'exprime moins dans les excès de certains leaders du tiers monde que dans l'attitude de ces pays riches qui ont refusé de s'asseoir aux côtés des pauvres de la planète pour discuter d'égal à égal.

La conférence dite de « Durban II » qui se termine ce vendredi 24 avril 2009 est donc un succès incontestable dans l'avancée de la lutte contre toutes les formes de racisme. Elle illustre la tolérance et l'écoute dont tous ses acteurs ont su faire preuves malgré leur extrême diversité. Seuls les pays qui ont décidé de boycotter la conférence sont les perdants de ce grand dialogue des nations. La qualité du document final de la conférence dont la signature a été obtenue malgré un climat détestable et une désinformation constante est une grande victoire des pays du Sud, pour tous les peuples du Sud.

Pierre Capoue et AdV.

Retrouvé aussi Vlad & Ernest dur KoKomaG:
La Bite à Durban : http://kokomag.wordpress.com/2009/04/23/la-bite-a-durban/

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Document final de la Conférence d'examen de Durban
http://www.un.org/french/durbanreview2009/pdf/final_outcome_doc.pdf

Durban II, délire et désinformation
http://blog.mondediplo.net/2009-04-22-Durban-II-delire-et-desinformation

La Charte des nations unies, 26 juin 1945
http://www.aidh.org/Biblio/Onu/Txt_fondat.htm

Obama justifie le boycott de "Durban II" mais affirme sa confiance en l'ONU
http://www.ladepeche.fr/article/2009/04/20/594658-Obama-justifie-le-boycott-de-Durban-II-mais-affirme-sa-confiance-en-l-ONU.html

«Le boycott de Durban II profite aux mouvements racistes»
http://www.swissinfo.org/fre/politique_suisse/politique_interieure/Le_boycott_de_Durban_II_profite_aux_mouvements_racistes.html?siteSect=1511&sid=10595368&cKey=1240318922000&ty=st

Conférence d'examen de Durban : l'incontournable contribution des migrants
http://www.unmultimedia.org/radio/french/detail/92974.html

Conférence d'examen de Durban : appel au consensus de Navi Pillay
http://www.unmultimedia.org/radio/french/detail/92937.html

Genève 20-24 avril 2009: Durban II • Relancer la mobilisation contre le racisme
http://www.solidarites.ch/geneve/index.php/immigration-racisme/immigration--racisme/157-geneve-20-24-avril-2009-durban-ii-relancer-la-mobilisation-contre-le-racisme

Conférence d'examen de Durban sur le racisme : adoption par consensus de la Déclaration finale
http://www.admin.ch/aktuell/00089/?lang=fr&msg-id=26505

Conférence de l'ONU: déclaration finale adoptée
http://info.rsr.ch/fr/news/Conference_de_l_ONU_declaration_finale_adoptee.html?siteSect=2010&sid=10596271&cKey=1240344701000

Radouane Bouhlal : "Durban II est nécessaire !"
http://www.mrax.be/article.php3?id_article=770

29 juin 2008

Dans quel État j'erre

La semaine dernière, jour après jour, nous avons vu les soupçons pesant sur les inculpés du " Secours Rouge " s'effondrer les uns après les autres :

  • Les soi-disant explosifs se sont révélés n'être que d'inoffensifs pétards de feu d'artifice. (1)
  • Hormans, le truand est rangé des voitures depuis des années, le Parquet, d'ailleurs, ne semble pas lui reprocher d'activités en rapport avec le grand banditisme ou quelques autres affaires criminelles que ce soit.
  • Sassoye, l'ancien terroriste, a un métier régulier et de plus, il est suivi régulièrement par la justice, qui n'a rien trouvé à lui reprocher depuis sa sortie de prison.
  • Les autres inculpés Fayoumi et Abdallah, malgré leurs noms à consonance arabisante (ce qui, pour certains, suffirait amplement comme preuve de culpabilité), sont inconnus de la justice.
  • Le cryptage de mails, que l'on reproche à Bertrand Sassoye, est un procédé légal en Belgique pour protéger ses données personnelles. C'est même, une pratique recommandée pour les courriers électroniques entre les avocats et leurs clients.
  • Les écoutes téléphoniques qui devaient nous démontrer la collusion entre les inculpés en Belgique et les inculpés en Italie n'ont jamais existé selon les milieux judiciaires italiens, selon l'enquête du journaliste Hugues Le Paige. (2)

Enfin, en ce qui concerne les photos retrouvées lors de l'enquête sur le PCPM (Partito Communista Politico Militare) en Italie, on ne peut que spéculer, lancer des hypothèses, imaginer des usages illicites.
Malheureusement pour le Parquet, la spéculation, les hypothèses et l'imagination ne sont pas encore considérées comme des preuves pour la justice en Belgique... Même si Marc Metdepenningen, dans le quotidien "Le Soir" donne à ces photos retrouvées, sous un champ de salades en Italie, une interprétation plus délétère - voir " Le graphologue accuse Sassoye "

Il apparaît clairement, semble-t-il, que l'enquête menée par les autorités belges ne se fait qu'à charge. Maintenant que la machine est lancée, la police a besoin de justifier ses écoutes téléphoniques, ses perquisitions et ses multiples intrusions dans la vie privée de ces militants, aujourd'hui, inculpés. Ainsi selon Wahoub Fayoumi : "Même si on ne sait pas, ce qu'on attend de nous, c'est que nous donnions des hypothèses, qui peuvent confirmer leur idée de départ pour construire un argumentaire contre nous, contre l'un de nous, ou contre d'autres personnes." (3). Ceci confirme bien que les enquêteurs, ne disposant pas de preuves, cherche à ce que les inculpés s'incriminent eux même.


C'est en persévérant dans cette logique que les pouvoirs publics ont fait appel de la décision de la Chambre du Conseil qui avait jugé que le maintien en détention des inculpés était inutile, sauf pour Bertrand Sassoye. Cet appel prolonge ainsi inutilement le séjour en prison de ces personnes. Mais ce jeudi 26 juin 2008, la Chambre des Mises a confirmé la décision de la Chambre du Conseil en ordonnant la libération immédiate de trois des quatre inculpés sous condition qu'il n'y aie aucun contact entre eux durant trois mois. Bertrand Sassoye devra, lui, rester, encore au moins un mois en détention, le Parquet prétextant qu'il est un danger pour la société. Le dossier n'est donc pas clos...

Mais pourquoi un tel acharnement ?

Si l'on doit se baser sur ce qui est disponible dans la presse, il n'y a aucun élément objectif incriminant les quatre militants du " Secours Rouge ". Dans ce contexte, l'attitude du Parquet apparaît de plus en plus comme un acharnement politique et judiciaire à l'encontre d'une simple association d'entraide aux prisonniers politiques.

Mais l'attitude du Parquet pourrait être aussi à rechercher du côté d'une fierté mal placée qui empêcherait le Parquet de reconnaître qu'il a fait une magistrale boulette avec cette affaire, que l'épouvantail du terrorisme international a été inutilement agité, que l'arsenal clinquant des nouvelles lois antiterroristes n'a servi qu'à réprimer de simples militants pacifiques.

Une autre hypothèse que nous pourrions faire c'est qu'en Belgique, comme en France et ailleurs en Europe se multiplient, ces dernier temps, les manifestations de plus en plus dures pour réclamer des interventions de l'État afin d'augmenter le pouvoir d'achat. Dans ce contexte, l'État pourrait avoir un intérêt à montrer sa sévérité dans le but d'intimider les mouvements sociaux actuels.

Enfin, il faut aussi constater que cette pseudo-affaire de terrorisme en Belgique fait couler beaucoup d'encre dans la presse. Le Parquet ferait-il alors du " storytelling " autour des lois antiterroristes pour en justifier l'existence ou, peut-être, pour détourner les journalistes d'autres affaires ?

À moins bien sûr que les avocats de la défense ne disposent pas de tous les éléments à charge. Mais dans ce cas de figure, il faudrait admettre qu'il existe en Belgique une procédure particulière avec sa section spéciale et son tribunal d'exception, des termes de sinistre mémoire qu'il ne faut pas simplement dénoncer, mais aussi combattre. Parce qu'un État de droit ne peut pas tolérer ce genre de pratique en son sein.

Article et photos: Pierre Capoue - juin 2008
Voir aussi : LeGrandSoir.info

L'actualité de la loi anti-terroriste en Belgique
(Voir : http://liege.indymedia.org/archives/...)

Trois citoyens militants altermondialistes et un technicien de la RTBF poursuivent l'Etat Belge pour mise sur écoute illégalement (voir : http://missurecoute.be/article6.html ). Ces derniers avaient été poursuivi pour association de malfaiteurs en 2001. Ces accusations graves, puisqu'ils risquaient de 3 à 9 ans de prison, furent finalement abandonnées en février 2007. La dernière audience en date s'est déroulé ce mardi 24 juin 2008.
http://missurecoute.be/article9.html
http://liege.indymedia.org/news/2007/02/14723.php

Quatre membres du collectif "Chômeurs, pas chiens" sont poursuivis après l'occupation d'un bureau de l'ONEM à liège en 1999. Ceux-ci ont finalement acquitté ce lundi 27 juin 2008, de toutes les préventions qui pesaient sur ceux après une procédure particulièrement longue, puisqu'elle a duré 9 ans.
http://liege.indymedia.org/news/2008/06/20712.php
http://liege.indymedia.org/archives/...

Par ailleurs, nous ne devons pas non plus oublier qu'une nouvelle audience concernant l'affaire "Bahar Kimyongur/ DHKP-C" s'est tenue, aussi, ce mardi 24 juin. La Cours de Cassation y a décidé de rouvrir le procès à l'encontre des militants acquittés en février par la Cours d'Appel d'Anvers. La cours a entre autre souligné que " Pour condamner quelqu'un comme leader d'un groupe terroriste, il n'est pas nécessaire qu'on l'on commette directement ou indirectement des attentats " (voir : http://www.lalibre.be/actu/belgique/article/430007/...

On pourrait alors s'étonner de cette concomitance d'agenda et se demander si le Parquet ne cherche pas aussi à intimider les gens qui s'intéressent à ces différentes affaires.



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(1) Sassoye et ses feux d'artifices :
La vidéo
l'article

(2) Les écoutes téléphoniques : http://blogs.politique.eu.org/hugueslepaige...

(3) Julien Bosseler ; la journaliste incarcérée et son compagnon témoignent ; " Telemoustique " n°4300 ; pages : 28-29 ; Bruxelles; 25 juin 2008.

Les tribunaux d'exception :
http://www.vrid-memorial.com/Les-Tribunaux-d-Exception.html
http://fr.wikipedia.org/wiki/Sections_spéciales...
http://www.fondationresistance.com/pages/rech_doc/cr_lecture-36.htm

Plainte d'" Amnesty International " contre la loi antiterroriste en Belgique
http://www.amnestyinternational.be/doc/article.php3?id_article=6586
Selon la plainte déposée par Amnesty auprès de la cours d'arbitrage : " Les avocats de la défense n'auraient accès qu'à des dossiers incomplets. En ne reconnaissant pas le droit des prévenus à un procès équitable, le projet de loi déposé par la ministre Onkelinx violerait la Convention européenne des Droits de l'Homme ; "
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